1. Skip to Menu
  2. Skip to Content
  3. Skip to Footer

Christophe de Beaumont : un Archevêque qui avait un sacré caractère

Christophe de Beaumont est né le 26 juillet 1703 au château de La Roque-Péagers, situé entre Meyrals et Saint-Cyprien. Un oratoire aménagé dans une tour conserve un bel ensemble de peintures pariétales : une des scènes représente une mise au tombeau du XVIème siècle, entre les donateurs agenouillés. Cet ensemble est si remarquable qu’on en a reproduit une partie au musée nationale des monuments français de Paris. Il était le fils de François de Beaumont, comte de La Roque et seigneur du Repaire, et de Marie-Anne de Lostanges-Sainte-Alvère.

Prélat pieux et charitable, mais de caractère très ferme

BEAUMONT-01Après de solides études, il devint chanoine comte de Lyon, en 1732, puis fut nommé grand vicaire de Blois en 1735. Il fut sacré évêque de Bayonne le 24 juillet 1745 et, enfin, archevêque de Paris en 1746, poste qu’il conserva jusqu’en 1781. C’est à la demande expresse de Louis XV (dont une lettre personnelle du roi en date du 17 août 1746 qui n’était plus une demande mais un ordre) qu’il fut nommé à la tête de ce diocèse prestigieux. Prélat pieux et charitable, mais de caractère très ferme, il prit une part importante aux querelles religieuses de son temps. Duc de Saint-Cloud en 1750, proviseur de Sorbonne en 1759, pair de France en 1750, il avait été fait commandeur de l’Ordre royal du Saint-Esprit le 1er janvier 1748. Voltaire qualifia « monsieur respecté » cet adversaire déclaré des philosophes. Après s’être illustré dans la lutte contre le jansénisme, il avait prononcé des mandements contre l’abbé de Prades (1752) et contre Helvétius (1758), lorsque parut l’Emile.

Face à Jean-Jacques Rousseau

L’archevêque n’aperçut manifestement pas tout ce qui séparait Jean-Jacques Rousseau du clan des philosophes, que la profession de foi du Vicaire savoyard s’employait justement à critiquer. Mais la négation du péché originel restait inadmissible pour le prélat. Après la condamnation de l’Emile par le Parlement de Paris (9juin 1762), le mandement publié par l’archevêque Christophe de Beaumont contre ce même texte le 28 août 1762, et signalant les erreurs contenues dans l’ouvrage du point de vue de la doctrine catholique, affecta beaucoup Rousseau, qui avait quitté précipitamment le territoire français quelques semaines plus tôt. Il répondit rapidement (mars 1763) dans la célèbre « Lettre à Christophe de Beaumont ». Rousseau nous offre une précieuse mise au point sur les thèses établies dans le Discours sur l’origine de l’inégalité et développées dans l’Emile. En même temps qu’il proteste de la sincérité de ses sentiments chrétiens, il explique son refus du péché originel : « Le péché originel explique tout excepté son principe, et c’est ce principe qu’il s’agit d’expliquer ». Rousseau explicite en outre les principes de sa comparaison des religions et insiste sur la conformité du protestantisme à la religion naturelle. Surtout il dissipe les ambiguïtés qui pesaient sur son anthropologie – il a voulu montrer que l’homme de la nature n’était point corrompu dès l’origine, mais il n’a jamais prétendu de donner un modèle puisque : « la conscience ne se développe et n’agit qu’avec les lumières de l’homme » ; elle « est donc nulle dans l’homme qui n’a point comparé, et qui n’a point vu ses rapports. Dans cet état l’homme ne connaît que lui (…) ; borné au seul instinct physique, il est nul, il est bête ».

notre dame de paris

Son cœur repose dans une chapelle de Saint-Cyprien

Christophe de Beaumont lutta aussi farouchement contre le jansénisme, contre le Parlement et même contre la Cour. Ses écrits autant que ses mauvais rapports avec la marquise de Pompadour, qu’il voulait éloigner du roi, décidèrent Louis XV et le Parlement de Paris à l’exiler plusieurs fois dans son château périgourdin, à Conflans ou à la Trappe de Séez. Ces exils avaient surtout pour but d’apaiser les querelles. Il est mort archevêque de Paris, duc de Saint-Cloud, pair de France et commandeur de l’Ordre du Saint-Esprit, à Paris le 12 décembre 1781. Il fut inhumé à Notre-Dame-de-Paris. Son cœur repose dans une chapelle de Saint-Cyprien, en Dordogne.

Guy Penaud - Photos : L'Esprit Périgord


 

 

Pour pouvoir commenter ce billet, vous devez vous identifier ou, si vous n'avez pas de compte en créer un en cliquant sur espace abonné en haut de page.

Les gazouilladesde Pascal Serre

Les larmes de Marianne

MARIANNE copie 2Même si l’automne frappe au carreau, entre le Pont de Beynac et la galerie Montaigne à Périgueux, les élections européennes passées et à six mois des élections municipales, je ne parviens pas à quitter mon hibernage politique. Et finalement, je m’y repose des coups bas, des trahisons et des hypocrisies. La politique, c’est toujours entre vice et vertu. Parfois les deux constituant les deux jambes de l’initié quitte à faire pleurer Marianne.

Lire la suite...

Mes bonnes adresses

IMPRIMERIE-FANLAC