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Sortie de route

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On a beau dire, face à une avalanche de grossièretés, on craque. Tôt, ou tard. Pour moi, ce fut vraisemblablement entre les deux. Si je n’en suis pas fier, j’en ressors apaisé. C’est toujours ça de gagné ! Mon psy, ma sophrologue et ma professeure de yoga m’ont tellement dit que j’avais quand même le droit d’être moi-même qu’ils ont du applaudir des quatre mains. Pas la petite clique de compagnons de déroute qui constituent une brochette aux mœurs étranges, aux mots formatés et aux cerveaux au logiciel 0.0.

Lever de rideau sur la tragédie comique d’un conseil municipal. Une banalité que je considère ainsi. Il y a l’ordinaire mégère non apprivoisée croassant à tout va et Haati, l’éléphant, le seigneur de la jungle et le Gardien des légendes, respecté par toutes les créatures. Il a le droit de vie ou de mort car c'est lui qui lance l'appel de la trêve de l'eau, et les autres, tous les autres, dont moi-même.

Drapé dans la toge d’un dictateur de sous-préfecture

Je me sens si réfractaire à ces situations que je conserve pour ces alliés d’une démocratie en deshérence une sympathie indispensable à ma bonne humeur. Je devrais toutefois me convaincre de l’insanité de la chose et conserver le propos altier dont on distingue les cancres. Et j’ai succombé à la vulgarité. Pas longtemps, mais assez pour que le bac à sable s’installe dans cette assemblée d’élus qui chantent les louanges de la république sans en connaître la pratique. Des cancres vous dis-je.

Plongé dans mes lectures classiques et modernes, je parviens à imaginer que mon idéalisme frondeur dérange, déroute et reste totalement étranger à ce conclave de mesquineries et de fallacieuses combinaisons, de piètres expressions et de lourdes conséquences.

Me voici drapé par les seules forces de l’ignorance et de la friponnerie dans la toge d’un dictateur de sous-préfecture. Mais oui, naturellement, c’est là que débute le rude apprentissage de l’art de gouverner ! Ne pas céder à soi-même, résister à l’autre, sous toutes ces sataniques formes qui visent à faire croire ce qui leur conviendrait si bien.

Rester à gauche dans ses bottes et droit dans sa tête

L’ordre du jour, toujours l’ordre du jour. Et même de la nuit, si celle-ci apparaît. Passer de l’ombre annoncée à la lumière attendue quoiqu’il en coûte. Rester à gauche dans ses bottes et droit dans sa tête. Il n’est pas aisé de planter un grain de blé dans la terre d’une main, et tenter de saisir une étoile dans le ciel de l’autre main. Le déséquilibre est toujours en embuscade, l’exaspération et même la colère guettent celui qui passe de la poésie au pragmatisme indispensable à l’action réussie. Qu’on se le dise !

Alors, ma sortie de route, à l’heure des lucifériennes saillies qui jonchent tristement le débat démocratique, est un signe, simplement un signal, une alerte à l’encontre des dogmatiques, des obscurantistes, des inquisiteurs en robe de bure laïque et profane, mais aussi à mon endroit : faute de vous convaincre, je continuerais de vous aimer.

Texte et photos du festival du mime de Périgueux 2011 : Pascal SERRE 


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