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Macronie 2020 ou le temps des incertitudes

Après le passage de la caravane publicitaire réduite à un camion digne d’un vendeur de pizzas en mai 2017, passée l’envolée d’une réunion qui ne pouvait qu’être grande à Périgueux en novembre de la même année, en présence de nouveaux parlementaires et la présentation d’une armée mexicaine intrépide et joyeuse, l’annonce de la multiplication des adhérents à la façon de celle des pains d’un certain Jésus au bord du lac de Thibériade, les marcheurs se sont sentis grognards à la solde d’un Bonaparte et inviter à se résumer au clic du numérique.

On ne reviendra pas sur les péripéties parisiennes et une certaine superbe des parlementaires périgordins face à cette armée aussi importante que celle de Napoléon à l’Île d’Elbe. Même la venue d’Emmanuel Macron à Périgueux avait suscité quelques amertumes chez les marcheurs. L’un d’entre eux confiait : « On n’a pas été invité et tout s’est joué comme dans l’ancien monde ». Les marcheurs périgordins restent des croquants.

DSC 8585 Christophe Najem,Michel Delpon, Jacqueline Dubois, Jean-Pierre Cubertafon, Bernard Cazeau et Philippe Chassain

Les marcheurs demandent davantage de liberté

DSC 8550 A gauche, Jerome Gabuteau, le nouvel animateur de LaRM sur Périgueux

En ce samedi 29 septembre, à Boulazac, La République en Marche s’ouvrait au militantisme, celui de l’ancien monde. Une centaine de marcheurs étaient présents. Il s’agissait de revisiter les valeurs du mouvement mais, aussi et surtout, parler des élections municipales. Autour du nouveau référent départemental, Christophe Najem, et de Jérôme Gabuteau le nouvel animateur de Périgueux, les échanges ont été francs, lucides et constructifs. L’essence qui avait entraîné les plus anciens vers la macronie triomphante reprenait force et vigueur. Les propositions et les initiatives se fixaient sur les feuilles de papier du chevalet. Toutes, évoquaient la nécessité de voir les instances locales avoir une réelle autonomie, de se structurer en conséquence, de créer des réseaux, d’être visible et audible avec les spécificités du territoire, au-delà d’une macronie parisienne trop centralisatrice. 

Les parlementaires rejoindraient les marcheurs pour entendre la houle des marins d’eau douce. Dés lors, les discours reprirent les éléments de langage qui assoupirent les bonnes volontés. Seul, Bernard Cazeau, vieux routier de la vie politique a posé les défis électoraux avec clarté et sans masquer les difficultés inhérentes à un scrutin auquel les Périgourdins sont attachés. Selon lui, il faudra composer avec les forces politiques installées, les personnalités incrustées dans leur fief et qui, il faut le savoir, tremblent face aux incertitudes que posent la dynamique des marcheurs. Il ne faut pas oublier le Modem et l’Udi, partenaires naturelles avec lesquelles il faudra bâtir les programmes et les listes. Celui qui s’est toujours réclamé de la social démocratie reste la clef de bien des destins politiques Périgordins et son magister un atout pour les marcheurs. 

La question des municipales 

Les élections régionales ne seront pas favorables à La République en marche, le Périgordin est majoritairement contre l’Europe actuelle. Au mieux, il y aura une forte abstention. C’est cette abstention qu’il faut analyser, prendre en compte et convaincre pour les municipales. L’abstention signifie avant tout que l’offre politique n’est pas au rendez-vous. A mots couverts, bien des marcheurs reconnaissent que si des élections législatives se tenaient maintenant, les victoires seraient bien moins éclatantes, et même, vraisemblablement, il n’y en aurait aucune. Malgré le travail des quatre députés – il faut associer Jean-Pierre Cubertafon, l’élu Modem – qui après l’indéniable surprise et les tâtonnements parviennent très lentement et selon leur personnalité à imposer leur présence dans un paysage largement imprégné de l’ancien monde.

Chacun reconnaît que la République en marche ne pourra pas présenter dans toutes les communes des listes entières. Pour Christophe Najem « il nous faut laisser émerger des personnalités qui porteraient la sensibilité de La République en marche dans des équipes plurielles portant nos valeurs. » 

Des élections en devenir 

DSC 8593 Séance de restitution des travaux de la matinée

Le cas de Périgueux est sensible, très sensible. Si les marcheurs sont unanimes à refuser Antoine Audi ils reconnaissent ne pas avoir encore de personnalités en capacité. Toujours en off, certains évoquent une liste avec le Modem et des élus de l’actuelle majorité tels que Hussein Kairallah, Laurent Rouquié, Elisabeth Dartencet et d’autres qui ne se reconnaissent pas dans la gouvernance du maire actuel. L’éventuelle candidature de Christophe Fauvel, à Bergerac, est auscultée. Au Bugue et à Montignac, des listes sont en cours de constitution. A Montignac et au Bugue, des marcheurs ont engagés la réflexion et l’établissement d’un projet. A Sarlat, les choses sont en pointillés ; le maire, Jean-Jacques de Peretti, soutien déclaré à Emmanuel Macron n’a donné aucun signe, laissant le doute faire son travail ; il regarde en sage son collaborateur Franck Duval avancer sa propre candidature. Nontron et Ribérac sont en jachère électorale. Pour la capitale du Périgord Blanc, Ribérac, le poids de l’ancien maire qu’est Bernard Cazeau sera décisive. A Terrasson, Pierre Delmon, maire inamovible de la ville depuis 1989 considère que l’heure n’est pas venue d’entrer en campagne. Le gaulliste écoute avec bienveillance l’odyssée macroniste en Dordogne. A Mussidan, le maire Stéphane Tricard, s’est déclaré « macron compatible » sans sauter le pas. Il en est de même pour Jean-Paul Lotterie à Montpon-Ménesterol. A Lanouaille dont le député Jean-Pierre Cubertafon était maire avant de démissionner pour assumer son mandat de député Modem, une union avec La République en marche semble assurée. Plus prés, dans la commune de Boulazac-Isle-Manoire, Jean-Pierre Passerieux, macroniste, Maire de la commune déléguée de Saint Laurent sur Manoire devra ferrailler face au maire communiste sortant Jacques Auzou.

MACRONIE 00 Christophe Najem : convainre, réunir, gagner

Saint-Astier, Thiviers, Excideuil et quelques autres villes sont auscultées par La République en marche mais sa représentativité est encore trop faible pour imaginer quoique ce soit. Les prochains mois devraient clarifier bien des situations. La Macronie Périgordine pourrait méditer la phrase de Mao Zedong, "le révolutionnaire est dans le peuple comme un poisson dans l'eau". 

Bien au-delà des élections municipales, comme le rappelait Bernard Cazeau, il faut prendre en compte les élections dans les intercommunalités, les syndicats mixtes et, bien sur, les sénatoriales.

Pour Jacqueline Dubois, Philippe Chassain et Michel Delpon, les trois députés de La République en marche ce sera le véritable test pour mesurer si le mouvement a réussi son ancrage dans un paysage politique particulièrement complexe, un paysage à dominante rurale et qui se sent de plus en plus abandonné par la politique d’Emmanuel Macron. Des territoires qui sont autant de fiefs pour les élus locaux, où les histoires communes pèsent davantage qu’un programme ou des valeurs. Pour le mouvement macroniste habitué au « clic » et au virtuel, la fracture numérique, la fermeture d’un bureau de poste, d’une perception ou d’une classe pourraient être décisives. Si les Périgordins ont un tempérament bonapartiste, il n’en demeure pas moins qu’ils sont davantage croquants.

Texte et photos : Pascal Serre


 

Commentaires  

 
Lepachelet
#1 Lepachelet 30-09-2018 18:22
Bonjour, je souhaiterai partager votre article sur mon blog et sur Facebook. Je suis conseiller municipal d'opposition divers droite à Montpon et je présenterai une liste sans étiquette "Montpon avant tout".
 

Vous n'avez pas la permission de commenter.

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