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La discrète augmentation du camarade président

L’information lue et relue tant ma surprise était grande, j’ai revisité ma feuille d’imposition qui, fort heureusement, ne présente pas la même hausse. Mais, quand même, dans une période où les collectivités territoriales sont vent debout face aux baisses de dotations et se plaignent de voir leur finances s’amenuiser, cherchant auprès du faible citoyen les moyens de réduire leur déficit, j’étais tout étourdi.

Loin de moi l’idée de mettre en cause la justification de cette hausse autant que l’honnêteté du bénéficiaire ; j’ai quand même eu du mal à évacuer un sentiment de colère plus ou moins justifié. Chacun s’accorde pour des raisons diverses et parfois confuses à reconnaître la bonne gestion de cette collectivité qu’est le Grand Périgueux.

Je sais tout autant qu’une partie de cette indemnité est reversée par le bénéficiaire à son parti politique. Pourquoi pas, c’est une règle.

Mais quand même, je reste devant mon écuelle en partie vidée par les taxes avec un sentiment de malaise, et de hold-up légal il va de soi. Je ne sais si c’est une erreur ou une faute, en tous les cas, le fait est le témoignage d’une certaine légèreté dans ces temps de diète des citoyens.

Et puis, cette belle unanimité sent la courtisanerie et même la collusion d’intérêts entre élites déconnectées des petites gens dont je suis.

Il y a là de quoi entretenir un populisme rampant qui nuit gravement à la démocratie. Je ne succomberait pas à la facilité. Cette démocratie qui me permet de dire mon indignation, même si l’effet sur les comptes de la collectivité est insignifiant. C’est une question de morale que je me pose avec, je le sais, l’impuissance du plébéien, voir l’incompréhension et même la vindicte du magistère concernée par ma diatribe.

Tout ceci n’est pas nouveau, encore moins unique.

Je me suis plongé dans le maître « Kong », ce bon Confucius, où j’ai relevé ceci : "Un homme de bien est celui qui ne prêche pas ce qu'il faut faire tant qu'il n'a pas fait ce qu'il prône." 

Ainsi, savoir se gouverner soi-même est un impératif pour bien gouverner les autres, dit Confucius. Le souverain, doit doncse montrer exemplaire sans jamais se lasser et travailler à "être digne d'être connu". Il sera vigilant au quotidien sur trois choses. La première est son attitude, "exempte d'emportement et d'arrogance". La seconde est son expression, "qui reflétera la bonne foi". La troisième est son langage, "exempt de vulgarité". Il sera ainsi naturellement suivi et respecté.

Je laisse à la sagacité du camarade président ceci : l’homme de pouvoir doit accepter de se remettre en cause ; Maître « Kong » rajoute : "A l'image de celui qui taille et polit les pierres précieuses, perfectionnez-vous vous-même."

Texte et photo : Pascal SERRE


 

 

 

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